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Route d'Islamabad
Des choses que je n’explique pas…
Sur la belle autoroute, dans le bus, on nous a passé un film indien dans un genre que je n’avais pas encore vu. Et surtout pas en Inde. Ou alors en privé…
Le film peut se résumer ainsi : dernière Audi, Porsche, rencontre, plage et baise !
C’est là le hic.
Dans le bus, les barbus rouspètent.
Alors on a avancé la scène.
Mais les barbus n’ont plus regardé le film.
Ils ont prié.
Qui regardait alors ?
Qui sont les barbus plus barbus que les autres ?
Qui aime ces films ?
Deux mondes…
Ceux qui veulent que ça change.
Ceux qui ne veulent surtout pas que ça dégénère.
Qui gagnera ? Ça va changer ou pas ?
À côté de ça, les Pakistanais ont tellement la foi ! Même s’ils ne sont pas tous pratiquants, ils respectent les règles du Coran qui organisent leur vie de tous les jours.
À côté, en Afghanistan, il y a les talibans,
Au Pakistan, des groupes islamistes puissants,
À Lahore, partout, il y a l’Amérique.
On aime l’Amérique à Lahore.
Alors, ça va changer ou pas ?
Moi, perso, on ne me demande pas mon avis. D’ailleurs, je ne suis pas d’ici et pas musulman mais si on me le demandait, je dirais que j’aime bien les barbus. Ils ont raison. Il y a des choses indécentes.
Suis-je extrémiste ?
Les gens aiment les films de merde. Ils aiment les films de cul.
Mais là, il y a des enfants dans le bus.
N’y a-t-il pas de compromis possible entre libéralisme et fondamentalisme ?
Être libre sans extrême, ça n’existe pas ?
Trouver des limites morales à l’indécence…
On a besoin d’eux, de leur sagesse,
Que nous nous bornons à dissimuler.
Pakistan Zindabad !