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Pour partager quelques écrits quelques voyages, des livres du temps...

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La fugue (2)

 

 

Le chauffeur était un petit homme mat et trapu avec une barbe de plusieurs jours, il était marqué par de grosses cernes qui trahissaient une fatigue quotidienne. Le camion s’enfonçait dans la vallée, à la radio, on entendait une musique traditionnelle «las rotas ». C’est le nom donné aux femmes qui, du fond de leur gorge, chantent de façon graves, lancinantes, accompagnées par des guitares et des castagnettes. Très jolie. La musique sympa, le sourire amical du chauffeur, sa discrétion et son attitude humble m’ont remis la bonne humeur. Je me suis mis à discuter en espagnol avec lui. Peu après, vu que mon interlocuteur s’avérait réceptif et ouvert d’esprit, je lui ai parlé de la considération des femmes en Espagne et je lui ai lancé que j’avais été choqué par son comportement envers Manue. Il m’a regardé surprit mais il comprenait mieux mon mauvais caractère de tout à l’heure. Alors, il a essayé de m’expliquer que l’homme et la femme ne pouvaient être égaux car pas sur la même échelle, que leurs différences les séparaient depuis la nuit des temps mais qu’il ne fallait pas être choqué. Ici m’a-t-il dit, tout le monde trouve ça normal et une femme se fait en général aussi bien respecter qu’un homme. Pas plus de discrimination sexuelle en réalité qu’en France si ce n’est que le respect de la tradition. Je me suis dit que c’était ça qui devait évoluer et pas seulement le langage. En comparant avec le père de Manue, je comprenais bien ce qu’il tentait de m’expliquer mais je ne trouvais toujours pas ça normal. Enfin, il regrettait si son comportement naturel avait désobligé mon amie mais je lui ai dit qu’elle avait l’habitude à cause de ses origines. On avait pas encore entendu parlé, à l’époque, du comportement de certains jeunes d’origine maghrébine qui devenaient encore plus machistes, avec leurs sœurs et même l’ensemble de leurs amies et filles de la cité. C’était un sujet qui me passionnait déjà et encore aujourd’hui quand je vois que l’ensemble des jeunes du pays croient par exemple, qu’une fille qui couche le premier jour est la pire des salopes mais pas le mec. Dire que nous sommes un des pays les plus civilisés, on a encore du chemin à faire sur l’égalité en général. J’avais toujours sa main dans la sienne et quand je me suis retourné pour voir si tout allait bien, elle était allongée sur la grosse caisse et dormait tranquillement. Elle était si belle, si innocente, si jeune et quand elle dormait, elle avait l’air si fragile, que j’ai été pris tout d’un coup d’un immense sentiment de culpabilité. Comment pouvions-nous être si inconscients ! Partir dans ce voyage sans être majeurs ! Le paysage tout vert du printemps en montagne défilait pendant que mon esprit s’affolait. J’étais pris de panique. Comment en étions-nous arrivés là, qu’allait-il encore nous arriver. Moi, le calculateur, le décideur, celui à qui la fugue ne faisait pas peur, je me sentais trop mal. D’abord parce j’avais été incapable d’imaginer tout ce qui s’était passé et aussi car j’étais seul à présent à assumer, à réfléchir de ce qu’y allait advenir. Mais où était les autres ? Que leur étaient-ils arrivés ? Allait-on les retrouver et que ferions-nous sans eux ? J’ai jeté un œil sur la concentration du conducteur, le précipice était impressionnant, le bruit du moteur couvrait tous les autres tant la montée devenait difficile. Manuela se balançait à chaque épingle et je serrais sa main plus forte comme si sa vie en dépendait.  Que devait penser son père : sa fille, sa petite fille a qui il tient tant, que faisait-elle dans ce camion. Moi aussi, j’y tenais plus que tout mais peut-on comparer cela à l’amour d’un père pour sa fille de seize ans. Je repensais à la nuit où il nous avait pris tous les deux dans son lit et avait tout arraché dans la maison. Ensuite, on avait été interdit de se voir. Ca n’avait fait qu’empirer les choses. Aussi, elle n’avait jamais avalé le « salope » sorti de la bouche de son propre père car elle avait la fierté de ne pas en être une, de s’être consacrée toute sa petite vie à un seul homme, celui qu’elle aimait et qui l’aimait aussi. Et maintenant, on était partis au loin, pour ne plus jamais être séparés. Il devait trop s’en vouloir. L’amour est plus grand que tout, je pensais, il a vaincu ceux qui avaient osé s’interposer et ils ne les retrouveraient jamais sinon, ce sera la fin de cet amour. Il n’en était pas question, jamais nous ne reviendrons, jamais, nous n’abandonnerons…

 

On est descendus du camion à Saint Esteban en pleine montagne. Il y avait encore de la neige sur les crocs blancs des pics alentours. La rivière était déchaînée par la fonte des neiges et s’écoulait bruyamment à travers le village.

-         J’ai envie d’aller aux toilettes, me dit Manue.

-         Ca m’aurait étonné, j’ai dit, remarque moi aussi.

-         Tu peux demander dans une maison ?

-         Vas-y toi, ça fait mieux pour une fille !

-         Pourquoi ça fait mieux pour les filles ?

-         Chez pas, c’est comme ça, de toute façon, moi je peux pisser dehors.

-         T’es chiant, franchement, on ne peut rien te demander.

-         Toi non plus je te signale.

J’ai frappé à une porte. Quand une dame m’a ouvert, j’ai expliqué que Manue avait envie d’aller aux toilettes, je connaissais le mot « servicios ». La dame a fait rentrer Manue rouge de honte alors que les enfants de la maison demandaient à leur mère qui on était. La maman leur expliqua qu’elle allait aux toilettes et ils ont demandé pourquoi nous n’allions pas chez nous ! Je suis resté dehors mort de rire et je me suis encore excusé. Ca m’avait coupé l’envie. Enfin, comme la maman commençait à être curieuse, j’ai fait comme si je ne comprenais rien et je suis parti m’asseoir sur un banc d’une petite place de l’autre côté de la route. Le village était très joli, la nationale passait un plus haut et on ne l’entendait pas. La vallée descendait de l’autre côté par une petite route dans la nature, s’étendant entre les montagnes. Manue revint, elle avait une petite moue boudeuse. Je me suis moquait d’elle encore un peu.

-         Alors, on rentre chez les gens comme ça ?

-         Et toi tu n’y vas pas ?

-         Non, ça ne me dit plus rien, je ne sais pas pourquoi.

-         C’est malin !

-         Sinon, ça te dit de dormir par ici, regardes comme c’est beau plus bas.

-         Je ne sais pas, c’est pas l’heure de dormir, il est trois heures et demi et peut-être qu’ils seront quand même au rendez-vous.

-         Surtout qu’il y a, je crois, dans ces montagnes des ours et des loups en liberté !

-         Bon, on s’arrache d’ici vite fait, t’es vraiment chiant de me faire peur comme ça !

-         En plus ils s’attaquent facilement aux hommes, j’ai rajouté sérieusement.

-         Je m’en fou, on fait du stop ici, on ne sort pas du village !

-         Comment veux-tu qu’on soit prit ici ! Il faut aller sur la route. Allez vamos !

Aucune technique de stop n’existe vraiment, tout le monde peut-être pris, il suffit juste qu’une personne consentante passe par-là. Peu de temps après, des gens se sont arrêtés avec une belle voiture. On est montés derrière. Pendant l’arrêt, deux gros camions qu’ils avaient réussi à doubler sur les cinquante derniers kilomètres repassèrent devant eux et le conducteur gueula après sa femme. Deux camions sur les mille qui passaient ici tous les jours et les soixante qu’il y a devant nous ! Enfin, la femme souriante, ne fit pas attention à ses reproches et essaya d’engager la conversation avec nous.

-         Français, demanda-t-elle avec l’accent pas trop mauvais ?

-         Oui, répond brièvement Manue

-         Vacances continue-t-elle en prononçant le V et B ?

-         Si, répondit Manue avec cette fois une pointe d’impatience. 

Les deux tourtereaux n’étaient pas très bavards et elle ne continua pas son questionnaire. En revanche, elle commença à faire des reproches à son mari qui ne riait pas du tout. Il n’aimait apparemment pas les auto-stoppeurs et il lui parlait mal. Le sourire de la dame devenait une grimace hypocrite. On se demandait pourquoi ils se prenaient la tête. Nous, on était bien, l’un contre l’autre, et on se moquait de ce qui se passait devant. Les gens se parlaient de plus en plus mal, sans crier mais en appuyant bien sur les mots. Plus les kilomètres passaient, plus le ton montait, entrecoupé de silence lourd. On est resté serrés et on se parlait tout bas, conscients qu’on était certainement la cause de cette dispute. En voyant la dame à la limite des larmes, et en écoutant malgré nous, on a comprit, que c’était une histoire d’enfants. Soit, ils ne pouvaient pas en avoir, soit, lui n’en voulait pas, ce qui n’était pas étonnant. Ensuite, on s’est imaginait que leur enfant pouvait être décédé. Manue rajouta qu’il avait pu faire une fugue et qu’il n’était jamais revenu. Ou tu vas chercher ça, j’ai dit ? Puis j’ai fermé les yeux et je me suis endormi. Manue fixait la route, perdue dans ses pensées. Avant la périphérie de la ville, elle regardait partout pour voir les autres, en vain. Elle m’a réveillé à Pampelune.

 

Nous allons à Tafalla, dit Manue en Français, elle insista : « TAFALLA ».

La dame lui indiqua qu’elle avait comprit avec un signe de la tête et ils ont eu la gentillesse de nous emmener à la sortie de la ville. « Gracias, muchas gracias », on leur a dit et ils sont partis.

Ils étaient sympas quand même sinon on aurait traversé la ville à pied !

 

On n’avait plus qu’une vingtaine de kilomètres avant d’arriver à Tafalla. Petite ville sur la route entre Pampelune et Madrid en passant aussi par Saragosse. Notre destination n’était pas dure à trouver, en faite vu que nous y avions déjà été et que c’était la ville où était né José. Nous n’avions même pas pensé qu’elle était la suite de notre destination. Peut-être Madrid mais en attendant, nous avions l’idée de voir tous nos amis à Tafalla et peut-être se faire aider pour trouver du boulot ou se faire loger. La vie était devant nous. Nous étions presque arrivés et nous étions plus rassurés même si nous n’avions pas vu les autres. Le soleil se couchait rapidement mais les lumières de la rue n’étaient pas encore allumées.  Peu de temps après, on était prit en stop. Un homme, seul, fit le détour pour nous déposer dans Tafalla car la ville ne se trouve pas exactement sur la grande route. En arrivant, il faisait noir. On ne s’est pas attardé dans le centre et on s’est dirigé vers la périphérie de la petite ville, où se trouvaient les jardins, dont celui qu’on connaissait bien. Pourquoi ? Pour s’y cacher et trouver un endroit pour dormir. Enfin, on ne savait pas trop, mais il n’y avait que là où aller ! Les chemins sont étroits, entre les jardins et bordés de ruisseaux. Les murs qui les entourent sont hauts et recouverts de morceaux de verres. Il faisait tout à fait noir. Le dédale de chemins se croisaient autour de chaque jardin sur plusieurs hectares. Un vrai labyrinthe. On a marché à tâtons, je ne retrouvais pas les odeurs que je connaissais, de figues écrasées et de sable brûlant. On s’accrochait aux jeunes ronces rebelles qui nous barraient le chemin. Enfin on est arrivé près du jardin connu. On a commencé à en faire le tour pour trouver où le mur était moins haut et donc plus propice à l’escalade mais juste avant l’intersection suivante, on a entendu des bruits de pas et des chuchotements très proches. On s’est collé, apeurés, le long du mur et on a plus oser bouger. On a tendu l’oreille mais on entendait plus rien, que les bruits sourds de la ville. Le silence dura encore quelques secondes interminables. Je me suis alors avancé sur la pointe des pieds pour m’approcher de l’angle du mur mais je me suis accroché à une ronce et j’ai fait craquer une branche. Le bruit sec a percé le silence de la nuit. Je tremblais comme une feuille.

-         Nico ? Manue ? J’ai entendu.

Ouf, j’ai soupiré et un sourire énorme s’est dessiné sur nos lèvres, on avait reconnu la voie de David.

-         Oui c’est nous s’est écrié Manue !

On s’est éclairé au briquet pour mieux se reconnaître et on a vu à la lumière qu’on ne rêvait pas. L’émotion était sur tous les visages, avec des yeux brillants et le sourire retrouvé. On s’est sauté dans les bras, on a ri, on s’est embrassé à la limite des pleures tellement on était contents et rassurés.

-         Alors qu’est ce que vous avez fait j’ai dit, bande de lâcheurs !

-         On a été pris par une voiture qui allait à St Sébastien par l’autoroute !

-         Et nous qui vous attendions, leur reprocha Manuela, vous n’y avez pas pensé ?

-         On vient juste d’arriver, Manue, répondit David, on n’a trop galéré à St Sébastien pour faire du stop.

-         Nous, j’ai dit, on vous a surtout attendu longtemps sous ce putain de soleil, à la frontière sans que vous ne passiez jamais.

-         On n’a cru, rajouta Manue que vous étiez repartis !

-         T’es folle Manue, dit Vanou, repartis ! Ca va pas, et sans vous, encore moins !

-         On s’est dit qu’on allait vous retrouver ici continua David, en plus c’est la seule voiture qui s’est arrêtée pour nous prendre à la frontière, on pouvait pas dire non. Comme on ne vous a pas trouvé là, on commençait à s’inquiéter, on ne pensait pas vous voir ce soir !

-         C’est trop cool qu’on se soit retrouvé, j’ai conclu, passant l’éponge.

-         On a réussi à venir en stop dans la journée et on est arrivé pratiquement en même temps, c’est génial a dit David fièrement !

-         Vanou, tu n’es jamais venue ici, dit Manue, demain, tu verras comme c’est beau !

-         Oui demain car là c’est plutôt flippant !

-         Qu’est-ce qu’on fait, j’ai demandé, on dort où ?

-         Dans le jardin de notre oncle Juan, m’a répondu David, ils ne viennent à Tafalla que l’été, il ne devrait y avoir personne.

-         OK et il y a une cabane comme chez ton grand-père ?

-         Ca fait trop longtemps que je n’y suis pas allé, je crois qu’il y a une petite cabane mais je ne sais pas s’il y a une clé.

On a marchait rapidement en parlant à voix haute. Manue et Vanou discutaient ensemble en nous suivant.

-         J’ai eu trop peur tout à l’heure dit Vanou.

-         Tu m’étonnes, moi aussi, lui répondit Manue, je me demandais si je ne devais pas partir en courrant.

-         En stop, avant Pamplume, les gens s’engueulaient devant nous, t’aurait vu l’ambiance, je crois qu’ils avaient perdu un enfant, enfin quelque chose comme ça, je n’arrivais pas à dormir alors j’essayais de comprendre. Ensuite je regardais sur le bord de la route et des fois, je vous voyais au loin mais en faite, c’était une pancarte ou rien du tout, mon imagination, je flippais trop de ne pas vous retrouver. Franchement, vous n’avez pas assuré.

-         Nous, on s’est retrouvé au milieu de St Sébastien, on marchait dans les grands boulevards pour trouver la sortie de la ville mais c’était trop long, on regrettait d’être montés avec la première voiture. On a mis au moins deux heures à sortir et à être pris. Par contre, l’autre voiture nous a emmené directement à Tafalla. Une voiture de sport, avec la musique pourrie espagnol à fond, David discutait avec le gars de devant et moi je regardais le paysage, mais bon, j’ai déjà traversé plusieurs fois l’Espagne quand j’étais gamine et qu’on allait au Portugal avec ma famille…

On est arrivé, les murs du fameux jardin de Juan étaient devant nous, on a écouté cinq minutes mais on n’a pas entendu un bruit alors on a escaladé le portail.

 

Tafalla

 

En montant Manue s’aperçue qu’elle avait trop faim, on n’avait rien mangé depuis le matin. Vanou dit qu’il restait du fromage et des biscottes. L’appétit nous vint, à tous, d’un seul coup. On allait être bien, tous les quatre ! C’était la bonne humeur générale. C’était comme si on arrivait chez nous après un long voyage.

Une fois descendus de l’autre côté, on a fouillé partout. Il y avait une douche mais il fallait trouver le robinet général pour qu’elle coule. La cabane était fermée mais une partie de celle-ci formait une petite véranda en bois qui nous protégerait de la pluie. On a fait le tour en remarquant tout ce qui allait nous servir. Il y avait un four, des couvertures, des vêtements dans une armoire, des shorts, des chemises très laides, des chaussures, des pantalons et d’autres fringues pourris. Il y avait de la lumière pour s’installer. On avait déjà vécu beaucoup de choses, on avait eu froid, très froid puis très chaud dans la journée, le long des routes. On était bien, assis sur notre couverture à partager la bouffe qui nous restait. Quand on a ouvert le sac, une odeur de fromage mélangé à celle du sirop de fraise s’est répondue.

-         Il a eu chaud le fromage, il va être bon je dis !

-         Il put, oui, et il a tout coulé, heureusement qu’on ne l’avait pas ouvert a constaté Manue en le sortant.

-         Regardes les biscottes, elles sont toutes écrasées.

-         Normal, on s’est assis dessus en faisant du stop.

-         On s’en fou, on va se débrouiller avec ça sans problème !

-         De toute façon, il n’y a que ça.

-         Non, il reste aussi un pot de Nutela dit David en le sortant du sac avec envie. Et puis, il y a peut-être à manger dans le jardin du grand-père mais l’oncle Pedro y est toute la journée, à partir de sept heures du mat. Et tu sais ce qu’il y fait continua David, et bien il attrape des moineaux, je sais pas comment, il les plume et ensuite les fait cuire.

-         Il l’est mange demanda Vanou dégoûtée ?

-         Oui, il l’est mange, tu crois que c’est pour décorer le jardin !

-         Ca doit être bon, je dis mais il n’y a pas grand-chose à manger !

-         Ah c’est crade, t’est dégueu Nico franchement !

-         On n’a pas de couteau pour le fromage.

-         Si Vanou, va voir près de la gazinière, je crois que j’en ai vu un.

-         C’est peut-être avec ces couteaux qu’ils tuent des oiseaux !

-         C’est pas dans ce jardin l’a rassuré David.

-         Ils font peut-être pareil ici, c’est les espagnols qui sont crades !

-         C’est bon, ça ne va pas te boucher le trou du cul !

-         Manue tu peux les laver s’il te plaît ? Demanda David

-         OK car ils sont crades quand même, demain, on fera le ménage ici, moi je commence par le nutela.

-         Et moi par le fromage, le nutela c’est pour le dessert.

-         Tu le coupes avec tes doigts le fromage sinon il va gâcher le goût du nutela me dit Manue en plongeant ses doigts dans le pot de nutela à moitié vide.

-         Vas-y, mets pas tes doigts dans le nutela, lui cria David !

-         Oui mais les biscottes sont toutes cassées, je ne peux pas les tartiner alors tu voix je plonge mes petits bouts dans le pot comme ça et après…

-         Après tu prends ton couteau ou tu te débrouilles mais tu n’y met pas les doigts c’est dégueulasse.

-         Ok grand chef sioux lui a répondu Manue en se foutant de lui.

-         Tu n’as ramené qu’un seul couteau radine ?

-         Il n’y en avait pas d’autres.

-         Tu m’embrasses, j’ai demandé à Manue pour rigoler avec mon haleine fétide de fromage.

-         Ah ! Dégages gros porc, va embrasser quelqu’un d’autre.

-         Quand tu veux !

-         C’est ça, en n’attendant pas de bisous ce soir mon pot, ou alors tu te trouves une brosse à dents, j’ambrasse pas un bout de fromage, moi !

-         Il y a un ballet à chiot, Nico si tu veux m’a dit David.

-         Vous me laissez du nutela j’ai dit.

-         Il y en a plus Nico, on avait que ça pour trois.

-         Fallait manger de fromage !

-         Suce mes ongles si tu veux.

-         Vas-y donne je lui dit en lui prenant la main mais elle ne me l’a pas tendu.

-         Bande de chacals, j’ai dit ! en tout cas, on n’a de la biscotte, on peut tenir une semaine avec le paquet.

-         On ne va pas manger des biscottes et du fromage tous les jours, sinon moi je vais péter un plomb, sérieux nous a dit Manue.

-         Dire que notre grand-mère est chez nos parents, ils doivent se manger des bons petits plats.

-         T’avais qu’à rester avec eux si t’étais mieux qu’avec nous, j’ai dit.

-         Mais non, mais avec des bons petits plats, ce serait encore mieux…

-         Enfin, c’est terminé, on mangera mieux une autre fois.

-         Moi, j’ai pu faim. Manue finissait le pot de nutela en glissant ses doigts jusqu’au fond.

-         On les voit les gourmandes, j’ai dit.

-         Mais non, elle m’a dit en reposant le pot.

Elle avait du chocolat sur le coin des lèvres et partout sur les doigts. Vanou le reprit pour vérifier qu’il n’en restait pas pour le bout de sa langue, et même s’il n’y en avait plus du tout, elle repassa tous les contours de ses doigts fins et en ressortit une lichette qu’elle savoura en regardant les autres.

-         Bon, toilette pour tout le monde maintenant.

On s’est tous levés, on a rangé le reste de bouffe dans un placard et on a été se laver au robinet. L’eau était trop froide pour le jeu mais on s’est quand bien lavés, ensuite, les filles sont restés plus longtemps pour finir pendant que nous avons disposé les couvertures pour dormir.

« Demain vous nous allumerez la douche, faut qu’on prenne une douche, oblige. »

« Oui, on trouvera j’ai dit, demain. »

On s’est installés sur les couvertures les uns à côté des autres et on a mit toutes les fringues sur nous. Plus qu’il n’en fallait mais on n’avait eu tellement froid la veille, qu’on préférait prendre nos précautions. Les nuits étaient encore fraîches. On s’est couché tout habillés et on a fermé les yeux en se faisant un câlin. Au début, on était bien, ça allait. Mais, dans la nuit, dans le silence, un sentiment qui n’était pas le bonheur mais plutôt la tristesse est apparue. C’était l’angoisse, la sensation d’être recherchés. Et on n’arrêtait pas de bouger, le sentiment s’est propagé chez tout le monde et au milieu de la nuit, ça a pété, du moins entre moi et Manue.

Elle s’est écartée de moi et me tournait le dos, je ne comprenais pas pourquoi, je croyais que c’était de ma faute.

-         Qu’est ce qu’il y a, je lui demande ?

-         Rien, rien, je n’arrive pas à dormir.

-         Pourquoi tu t’écartes de moi

Et au lieu de me dire j’essaie de m’endormir autrement, elle me dit, je sais pas, c’est comme ça, et moi comme je n’arrivais pas à dormir non plus et que j’avais certainement envie de gueuler, je lui ai fait des reproches. Elle boudait pour de bon et me tournait le dos sans vouloir bouger alors que j’essayais de la retourner vers moi et qu’elle résistait de toutes ses forces.

-         Fou moi la paix, elle m’a dit.

Je suis resté fâché aussi, j’avais compris que ce n’était pas moi qui l’avait rendu comme ça mais bien le fait d’être triste pour ses parents mais je trouvais débile de pas m’en parler ou de me faire la gueule alors qu’on aurait pu se serrer plus fort pour oublier ces soucis. Elle réagissait autrement, elle ne voulait de personne. Je me suis levé et j’ai été boudé plus loin, dehors, attendant en fait, qu’elle vienne vers moi. Au bout de 10 minutes, elle n’était pas venue et je me suis dis qu’elle ne viendrait pas et que j’étais trop con de l’attendre. Je suis retourné au chaud près d’elle, elle n’avait pas bougé d’un pouce. Je n’ai pas bronché, j’étais dégoûté qu’elle ne se retourne pas du tout. Un sentiment que je ne comptais plus pour elle. Elle ne dormait toujours pas car elle avait des petits gestes brusques pour changeait de position. Ce soir là, on ne se réconcilia pas, je déteste ça mais je ne pouvais rien faire et je finis par m’endormir de mon côté.

Ce matin là, on s’est réveillé très tard, et je trouvais Manue encore endormie en boule bien contre moi. Les autres se faisaient de gros câlins, limite si on ne les gênait pas. J’ai attendu patiemment que Manue se réveille en lui caressant les cheveux pendant trop longtemps. Puis, un moment, elle s’est retournée et m’a sourie en me regardant droit dans les yeux pour vérifier que je n’étais plus fâché. Je me suis dit, les femmes ont tout le pouvoir sur nous, tout le temps, suffit quelle te regarde avec ces yeux là. C’est impossible de résister et pour moi, je crois que c’est encore plus dur. Je suis faible et je me laisse avoir à tous les coups. On s’est embrassé on est resté serrés encore longtemps.

Comme le soleil brillait trop, qu’il nous attirait, on s’est levé. Il était midi, on avait faim.

Avec David, on a commencé à se laver au robinet. On s’est mit en caleçon et on s’est frotté avec le savon qu’on avait pensé à acheter. Elle était trop froide et nous poussions des petits cris malgré qu’il aurait fallu garder le silence. Les filles rangeait les affaires en attendant qu’on est terminé et qu’on se barre. Je ne comprend pas pourquoi, elles doivent se cacher à tout pris alors qu’on les connaît par cœur, comme si des yeux malins auraient pu se glisser dans le jardin. On dit que c’est la pudeur. Bref, on est parti avec David et on a été directement au jardin de sa famille. Tout doucement, on a regardé au dessus du mur mais il n’y avait personne en vue. Pourtant, la porte de la cabane était entrouverte. David me dit tout bas :

-         Il doit dormir dans son fauteuil, c’est l’heure de sa sieste.

-         Qu’est ce qu’on fait alors ?

-         Je vais rentrer sans faire de bruit et prendre les clés.

-         Mais il va le voir j’ai dit ?

-         Il croira qu’il les a perdus.

-         Pourquoi tu veux les clés, j’ai demandé, tu imagines si tu te fais gauler, il va te demander ce qu’on fout là et tout sera foutu !

-         T’inquiète, je ne vais pas me faire gauler.

-         OK, comme tu veux et tu vas faire quoi avec les clés ?

-         Tu verras cette nuit, on viendra, il y a toujours de la bouffe dans le frigo !

Il a mit cinq bonnes minutes à escalader le mur sans faire de bruit, le rideau de la porte ondula d’un seul coup et dans un bruit de perle, Pistilo fit son apparition. Pistilo, c’est le chien qui garde le jardin. Il reconnut David et heureusement ne grogna pas. David lui fit une caresse en mettant le doigt sur ces lèvres comme pour lui dire ne pas faire de bruit, il était rouge de panique. Pendant quelques secondes, il avait cru que c’était son oncle et qu’il était grillé. Il reprit son souffle et se rapprocha à nouveau de la porte d’entrée. En une seconde, il avait prit les clés et repartait vers le mur. Une fois de l’autre côté, il souffla soulagé et heureux. Chaud, le coup des clés. On est repartit en direction du centre ville en discutant :

-         Faut qu’on ramène à manger, j’ai dit.

-         On va aller au petit magasin dans une rue que je connais, la vendeuse est miraude.

-         Ok, on va essayé, de toute façon, on a pas de tunes.

On est rentré, on a fait le tour du magasin et on est ressorti avec du chocolat et du jambon sans qu’elle ne voit rien.

-         Tu crois qu’on peut trouver du boulot ici, j’ai demandé ?

-         Il n’y en a pas beaucoup par ici, ça va être dur, on va aller sur la place.

-         Tu crois qu’on va voir du monde qu’on connaît ?

-         Faudrait qu’on voie Chukki, lui pourrait nous aider.

-         Tu te rappelles où il habite ? Moi je ne m’en rappel plus.

-         Non, je ne sais plus trop, vers chez ma tante mais ça craint, vaut mieux y aller ce soir, on va essayer la place, on verra bien sur qui on va tomber.

-         Peut-être les filles, je dis.

-         Elles pourraient nous héberger mais sans Vanou et Manue.

-         Je vois d’ici leur gueule si on leur dit qu’on les abandonne pour aller avec Paola et Amaya.

-         T’es fou, toi, oh les gueules qu’elles feraient, imagine, si on n’y retournait pas !

-         J’peux dire qu’elles viendraient nous chercher à coup de pompes dans le cul mon pot, vaut mieux pas leur faire ça.

-         Toute façon, je préfère largement Vanou à n’importe qu’elle autre, c’est con car ce serait trop facile pour nous de trouver une copine ici pour dormir.

-         C’est clair, on n’a de bonnes relations mais on n’est pas là pour ça !

On est arrivé sur la grande place, on a regardé vite fait s’il n’y avait personne de la famille et on a vu Andréa, une ancienne copine. Quand, elle nous a reconnu, elle a été étonnée de nous voir à cette époque.

-         Ola Andréa, on a dit, como vas ?

-         Bien elle nous dit puis elle nous demanda ce qu’on faisait ici.

On a commencé à lui raconter mais on n’a pas parlé des filles, instinct de mecs, certainement. Enfin, on lui a demandé où on pouvait trouver Chukki mais elle nous dit qu’il fallait attendre le week-end.  Il travaillait à Pampelune la semaine comme beaucoup de jeunes ici que l’on connaissait. On lui proposa alors d’aller boire un verre quand on a vu ses yeux regarder à travers nous. Elle a eu le temps de nous demander si c’était bien une tante à David qui arrivait mais elle n’a pas eu le temps de nous parler plus longtemps et nous n’avons pas eu le temps de la voir  celle-ci arriver, ni de fuir, ni de chercher une excuse. Elle était déjà sur nous et on a tout de suite entendu crier, d’abord en espagnol puis en français :

-         David, mais qu’est que tu fais ici, tes parents te cherchent partout, ton père m’a appelé, il était en pleures !

C’était Anita la tante de David, elle était rouge de colère et continua de nous crier dessus, de plus en plus fort :

-         Tu te rends compte de ce que tu as fait, non je ne crois pas que tu te rendes compte, et Abuela qui est chez tes parents, ils sont tous désespérés, tu entends ce que je te dis, alors tu vas aller chercher ta soeur et revenir à la maison tout de suite. Vous n’avez pas intérêt à vous barrer encore parce que j’appelle les flics !

On est resté bouche bée. Andréa s’était écartée, Anita a continué de nous engueuler.

-         Ou est-ce que vous étiez depuis que vous êtes partis, où est-ce vous avez dormis, hein ! Tu réponds ? Espèce d’imbécile, inconscient, tu te rends comptes s’il vous était arrivé quelque chose, s’il était arrivé quelque chose à ta sœur !

Et après un cours instant de silence ou elle nous regarda dans les yeux avec ses yeux noirs extrêmement fâchés pour savoir si on avait bien imprimé ce qu’elle nous avait dit, si on prenait conscience de la gravité de notre fugue.

-         Je vais appeler ton père pour lui dire que vous êtes là, qu’il ne s’inquiète plus et qu’il prévienne tes parents à toi aussi Nicolas, tes parents t’ont cherché partout, tu vas voir quand José va venir vous chercher ! Heureusement qu’il m’a dit de surveiller, je me doutais en faisant un tour sur la place que vous alliez y être, vous n’êtes pas très malins et elle est où ta soeur ?

On n’a pas répondu.

-         Je vous préviens, vous allez les chercher et vous revenez tout de suite, compris ?

On est repartit en silence sans se retourner. Dès qu’on a eu passé le coin de la place, on s’est mis à courir. Je ne sais pas pourquoi, ça nous a fait du bien.

-         Merde, merde, merde, qu’est qu’on est con, putain qu’est ce qu’on est con !

-         Qu’est qu’on fait maintenant, j’ai demandé ?

-         Je ne sais pas, il m’a dit, on va voir les filles et après on verra.

On a retraversé la ville en vérifiant de temps en temps qu’on n’était pas suivi. En arrivant vers les jardins, au moment de s’engager dans le petit chemin, une voiture de police passa tout doucement derrière nous. On n’a pas regardé, on n’était grillé pour sur !

-         Elle a appelé les flics, j’ai dit.

-         On va chercher les filles, il m’a dit.

On a trouvé les filles entrain de jouer aux cartes, tranquilles, quand elles ont vu nos têtes, elle nous ont demandé ce qui se passait.

-         C’est Anita, elle nous a gaulé, papa l’a prévenu, il faut se barrer !

-         Merde, elles ont dit mais qu’est ce qu’on fait ?

-         On ne sait pas encore mais on se casse, je n’ai pas envie de me retrouver devant mon père après une connerie pareille.

-         On a vu les flics, c’est sur qu’ils nous cherchent !

-         Les flics mais où ?

-         Avant d’arriver sur le grand chemin qui passe devant les arènes !

Les filles nous ont regardé avec de grands yeux ronds mais elles n’ont rien dit et on est partis. On a pris les petits chemins pour se retrouver à l’autre bout des jardins et couper par le petit pont. Quand on est arrivé, on a regardé avant de traverser. Trop tard, la voiture de police arrivait ! On est repartis en courrant se cacher dans les petits chemins où ils ne pouvaient pas aller avec la voiture. On s’est ensuite assis par terre et on a reprit notre souffle.

-         Je ne rentrerais jamais, dit Vanou avec une larme qui commençait à couler le long de sa joue. Elle prit un morceau de verre par terre. Je préfère me couper les veines !

-         Arrête on a crié tous en même temps en lui prenant le bout de verre, t’es folle, on ne va pas se tuer quand même.

-         Quand mon père me retrouvera, il va me tuer de toute façon, je préfère mourir toute seule !

David l’a prit dans ses bras, Manue aussi était en larmes et moi, je me retenais, c’était dur.

-         Comment faire pour échapper aux flics.

-         Putain, ils ne peuvent pas nous foutre la paix, a crié Manue dans le vide, on n’a rien fait merde et elle éclata en sanglot.

-         Ne crie pas Manue, ça ne sert à rien, ils ne nous ont pas encore trouvé.

-         Parce que tu crois qu’ils ne vont pas nous trouver, continua-t-elle de crier avec son mauvais caractère.

Je me suis dit, il n’y a pas que le suicide ou les flics, il y a forcement une autre solution et je me suis levé pour les motiver.

-         On verra bien, on tente une nouvelle sortie, j’ai dit.

-         Ok, me dit David, ça ne sert à rien d’attendre là, ils vont arriver !

On a relevé les filles et on a couru dans une direction au hasard, s’aventurant dans des endroits que personne d’entres nous ne connaissaient, tournant à gauche puis à droite, courrant toujours, sans plus s’arrêter. On avait les tempes qui nous tapaient dans le crâne, mais on continuait de courir…

 

Le ciel était d’un bleu limpide, du balcon au-dessus de cinq étages, le vent avait un goût de vacances. Mais nous ne regardions pas le ciel, on guettait, tremblant, l’arrivée de José et les mauvais moments à venir. Il était plus de onze heures du matin, il n’allait plus tarder. Anita préparait le dîner, aidé de Manue. Vanou était encore dans la douche.

Nous avions passé une nuit torride. Non pas que nous nous soyons apitoyés sur notre sort, bien au contraire je crois que nous avons su profiter de ces derniers instants magiques de la meilleure façon qu’il soit afin qu’il reste éternel. On s’est abandonné à l’amour toute la nuit, follement, comme pour nous consoler, sans qu’on ne le sache, de la séparation définitive à venir. On n’avait sans doute pas laissé dormir Anita et Miguel, chez qui on était hébergés. On s’en moquait en faite éperdument. Les deux petits lits une place, côte à côte, nous avaient parfaitement convenu pour terminer notre voyage d’amour, et on s’était donnés avec passion, transformant la chambre d’amis en un sonna brûlant.

José arriva vers onze heures trente. Sur le balcon, j’avais le cœur qui cognait dans ma poitrine comme un marteau, je voulais me transformer en souris et me cacher dans un trou ou en oiseau et m’envoler au loin mais je n’étais qu’un gamin qui avait fugué et venait se faire récupérer plus de mille kilomètres plus loin, une semaine plus tard après qu’on est été rattrapés par la police, cachés dans le creux d’une porte de jardin. Alors, on avait du les suivre jusqu’à la voiture où l’oncle Miguel attendait. Les filles cachaient leurs larmes quand on a rempli les papiers de la police. C’est alors que David a décidé de quitter tout le monde puisqu’il avait le droit, étant le seul majeur. Il ne voulait pas assumer le fait de revoir ses parents et de tout leur avouer pour lui et sa sœur. C’était trop. Un silence de mort suivi ses paroles, la police lui avait dit qu’il faisait ce qu’il voulait. Tous les yeux étaient braqués sur lui, dans un mélange de stupeur et de jalousie. Alors, il se retourna et commença à partir. Il ne voulait pas montrer ses larmes et il marchait sans savoir où il allait quand Manue lui supplia de rester. Ce fut un moment chargé d’émotion, tout le monde pleurait. Même la police devait être ému.

-         David, je ne peux pas revoir papa toute seule, il faut que tu sois là ! Je t’en pris, reviens, reste avec nous, on va être tous ensembles, s’il te plaît.

Sa voix était sifflante, elle tranchait la chaire des tympans, elle arrachait le cœur de VDMN, s'effondrant sur les genoux, noyée dans ses larmes.


David se retourna, ses larmes coulaient, brûlantes, le long de ses joues, sous les mots de sa petite sœur. Il réfléchit un instant, essaya d’articuler quelques mots en vain. Il ne pouvait pas la voir plus longtemps comme ça. Il revint sur ses pas, rempli de rage et quelque part soulager d’être obligé de rester. Où allait-il seul ? On a tous lâché un gros soupir de soulagement, mêlé de désespoir . S’en était fini de notre voyage. On monta derrière la voiture de police et on quitta le chemin de poussière en épongeant nos larmes de nos avants bras déjà trempés et sales.

../.. qui veut qu'il y ait une suite ?

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